M.A. Limousin – Deuil de son bébé (IMG)

Récit de mon expérience :

J’ai perdu mon bébé alors que j’étais enceinte de 6 mois, j’ai dû prendre avec mon compagnon la terrible décision d’accepter une IMG (Interruption Médicale de Grossesse), car mon bébé avait un retard de croissance sévère et il n’y avait plus assez de liquide amniotique. J’ai donc subi cette IMG avec toute la douleur morale et physique qu’elle représente, accoucher de mon bébé mort est l’évènement le plus terrible et tragique que j’ai pu vivre.

J’étais dans un état de tristesse infinie, et j’ai rapidement su que je parviendrai pas à m’en sortir toute seule même en étant très entourée par mon compagnon, ma famille et mes amis. Je sentais que je perdais pied, ma peine m’avait submergée, nul ne pouvait me consoler ni m’aider.

Je me suis souvenue alors qu’un ami, 5 ans auparavant, m’avait parlé d’une thérapie extrêmement efficace : l’EMDR qui lui avait permis d’avancer plus rapidement en deux séances qu’en dix ans de thérapies (classiques) dont la psychanalyse qui avait été pour lui un échec.

C’était resté dans un coin de ma tête, j’ai donc après cet évènement voulu m’intéresser de plus près à l’EMDR. Je suis donc allée sur internet et suis tombée sur le site de Jean-Pierre et Isabelle : l’EMDRenaissance, il y avait de nombreux témoignages en particulier en rapport avec la perte d’enfant.

J’a trouvé ces témoignages assez incroyables, et toutes les personnes arrivaient à la même conclusion : plus de souffrance !

Incroyable pour moi qui ne pouvais pas imaginer vivre sans cette douleur. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai appelé, Jean-Pierre m’a répondu et il a fait preuve d’humour dès le début, cela m’a permis de me détendre et nous avons discuté pendant trente minutes : il a été très clair, il m’a expliqué tout le déroulement et m’a demandé pourquoi je venais et si l’EMDR pouvait m’aider… Ouf ! l’EMDR était précisément la bonne thérapie dans mon cas, il m’a ensuite expliqué le déroulement sans langue de bois, il a précisé que ça ne serait pas forcément agréable voire difficile mais qu’une chose était certaine je ne souffrirai plus de la perte de mon bébé après la séance.

J’avais du mal à y croire mais j’étais prête à essayer, même le prix annoncé ne m’a pas freinée car finalement ne plus souffrir ça n’a pas de prix et si cela pouvait m’éviter 10 ans de thérapie sans résultat, je ne devais pas hésiter.

J’ai eu un rendez-vous extrêmement rapidement, cinq jours plus tard, un mois jour pour jour après mon accouchement, je me rends à la rencontre d’Isabelle et Jean-Pierre, j’ai oubliée de préciser qu’ils fonctionnent en duo, ce que j’ai trouvé très agréable, deux personnes qui s’occupent de vous pendant 4 heures, c’est rare.

J’étais très angoissée, je dois le reconnaitre, déjà car j’aime bien maitriser les choses et que l’idée qu’on «bricole» mon cerveau à ma place n’était pas très agréable.

Mais dès le début, on entre dans une atmosphère apaisante, une douce odeur de fleur d’oranger planait dans la pièce, la musique de Mozart, et les petits oiseaux qui chantent par dessus faisait naitre en moi un sentiment de joie, on se sent comme dans un cocon, on me propose du thé, tous mes sens sont en éveil, c’est extrêmement agréable.

Nous discutons tous les trois, longuement, je dois revenir sur la mort de mon bébé et décrire mon accouchement, je suis en larmes mais Isabelle et Jean-Pierre ne me lâchent pas, ils sont là pour me soutenir, il y a beaucoup de moments drôles aussi, je passe du rire aux larmes, je ne maitrise pas mes émotions, je ne suis pas jugée mais juste écoutée et accompagnée.

Au bout de deux bonnes heures, je me sens très fatiguée, je dis à Jean-Pierre que je suis dans les choux, il sourit et me dit que nous allons commencer la séance d’EMDR. Il me rappelle précisément le protocole qu’ils suivent tous les deux à la lettre. Isabelle va observer toutes les expressions sur mon visage pendant la séance, Jean-Pierre s’installe à côté de moi, il me tient la main, la séance débute : les larmes et la tristesse reviennent et petit à petit le souvenir de mon bébé mort dans mes bras s’éloigne, enfin la souffrance fait place à la sérénité.

Je suis passée des larmes au rire, les émotions se sont présentées sans que les maitrise, c’était mouvementé mais j’ai traversé la tempête.

Je n’oublierai jamais mon bébé car ce n’était pas le but de la séance mais aujourd’hui je ne suis plus envahie par le désespoir, je peux penser à Nino avec du regret certes mais une très grande sérénité. Je ne pensais pas que c’était possible et c’est le meilleur choix que j’ai pu faire de toute ma vie, ce jour là, je me suis sauvée la vie et je n’y serai jamais arrivée sans l’aide précieuse d’Isabelle et Jean-Pierre.

«Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous»… Paul ELUARD

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